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Doctoriades Edition 2011

Babel
DOCTORIADES « JOURNÉES DE LA JEUNE RECHERCHE »

Prix au numéro : 10 €
Commande à adresser à : Laboratoire Babel
Paiement par chèque à l’ordre de l’Agent Comptable de l’Université de Toulon
Laboratoire Babel : http://babel.univ-tln.fr

Université de Toulon
UFR Lettres & Sciences Humaines
B.P. 20132    83957 La Garde cédex
Tél. : 04 91 14 29 67      Fax. : 04 94 14 20 90


Avant-propos

 Le présent ouvrage fait écho aux « Troisièmes Doctoriades – Journées de la jeune recherche » organisées par le Collège des Études doctorales et l’École doctorale « Civilisations et sociétés euro-méditerranéennes et comparées » (ED 509) à l’Université de Toulon, les 8 et 9 décembre 2011. Cet opus présente les actes des travaux issus de l’atelier pluridisciplinaire proposé par le Laboratoire Babel (EA 2649), dont la thématique était : « Heureux qui comme Ulysse… : voyage et exil ».

Voyage d’agrément ou voyage d’affaires, voyage au bout du monde, quête d’aventure, odyssée, croisade, pèlerinage, expédition, périple, itinéraire, voyage imaginaire, intérieur, initiatique, utopique, métaphysique… : les types de voyages et leurs motivations semblent infinis.

Le concept d’exil, volontaire ou non : l’état d’une personne ayant dû entreprendre un voyage forcé pour s’éloigner de sa patrie suppose, lui, une contrainte subie, sociale, économique, politique ou autre, conduisant parfois à l’errance. Il en résulte un sentiment particulier de « dépaysement » au sens fort du terme, avec tout ce que cela implique de problèmes d’adaptation dans le nouveau cadre de vie, et aussi tout ce que cela comporte de malheur ou de détresse, conformément à l’étymologie du terme « exil ».

Le voyage des mots également au sein du brassage des langues, et les emprunts qu’il suscite, permettent notamment l’apport de nouvelles tournures, de nouvelles possibilités langagières, et assurent ainsi l’évolution propre à chacune des langues en étendant les paradigmes et les lexiques nationaux.

Depuis l’Antiquité, les voyages ont été à l’origine de vastes changements et d’évolutions majeures au sein des sociétés. Dans le rapport de l’homme au monde, les voyages sont un déclencheur prépondérant ; ils ont de tous temps permis l’ouverture intellectuelle, incité au dépassement, à l’invention de nouvelles formes, de nouveaux genres, de nouvelles sociétés.

La journée d’études dont les actes sont ici rassemblés, propose un aperçu des résultantes linguistiques, artistiques, historiques ou encore sociales, dont certains voyages ont été la source.

Le premier ensemble concerne la sous-thématique des « Voyages et quêtes d’aventures ». Marjorie Sabbatorsi nous relate l’expérience romanesque de personnages victoriens dont la vie et les tourments seront rythmés par les voyages. Dans He Knew He Was Right publié en 1869, Anthony Trollope dépeint la vie d’un jeune couple londonien. Cette analyse observera, de la rencontre aux Caraïbes, au retour en Angleterre, à l’exil du mari en Italie puis en France, jusqu’au choix du voyage comme perte de sens/sens (direction/signification), les enjeux de telles pérégrinations, dont le titre du roman semble justifier les affres.

Au sein de la littérature romanesque américaine du XIXe siècle, Aurélie Dell’olio présente une étude sur l’œuvre The Cruise of the Vanadis, d’Edith Wharton, publiée en 1992. Cette jeune bourgeoise new-yorkaise que les paysages américains rebutent depuis l’enfance, choisira de partir, durant le printemps 1888, pour un long périple en Méditerranée, qu’elle relate dans ce récit de voyage autobiographique. Cette étude décryptera les diverses étapes (intellectuelles) de la narratrice au gré des nombreuses étapes (géographiques) de la longue traversée : du voyage comme exil de sa patrie maternelle, à la découverte de nouvelles cultures, puis à la pratique de l’écriture, marquant les prémices de sa future écriture fictionnelle.

Le second ensemble envisage la sous-thématique de « La mise en mots du voyage et de l’exil à travers la poésie ».Vladimir Schotter repère et détaille les multiples influences du poète français José-Maria de Heredia, glanées au cours de multiples voyages à visée esthétique, en Italie, ainsi que dans d’autres régions du pourtour méditerranéen. D’origine cubaine et rompu aux longues traversées en mer depuis son enfance, ce poète puise la matière de sa création dans l’approche de ce qui fut le berceau de la culture classique : tout d’abord sa forme fixe poétique privilégiée, le sonnet, puis les civilisations qui constitueront les bases thématiques historico-mythologiques de ses poèmes, et enfin certains vocables étrangers aux sonorités exotiques lui permettant de rendre une si particulière « couleur locale ».

Stéphane Cermakian, dans une optique comparativiste, crée un parallèle entre deux poètes de cultures et époques différentes : Hölderlin, poète allemand du début du XIXe siècle, et Sarafian, poète arménien du début du XXe siècle. Dans une approche typologique, les similitudes et disparités dans l’expérience de l’exil que font ces deux poètes seront détaillées, au travers de leur formation identitaire, nationale, esthétique ; puis de l’exil géographique à l’exil langagier, et enfin spirituel, responsables de véritables écritures-hybrides.

Le Professeur Badawi Shahal, oriente son propos vers des poètes libanais du XXe siècle : Shafik Malouf, Al Shaaer Al Qourani, et Al Shaaer Al Baki, tous trois déracinés et immergés au sein d’un occident à l’apparence hostile. Évoquant les aspects psychologiques liés à l’exil, au voyage, à la nostalgie culturelle et géographique, ces écritures renvoient directement aux problématiques fondamentales de l’Espace et du Temps. Ce propos est rédigé en langue anglaise.

Le troisième ensemble aborde la sous-thématique « de l’exil forcé à l’exil volontaire ».Anthony Guyon propose un regard historique sur la situation des tirailleurs sénégalais en France entre 1914 et 1939, acteurs d’un exil militaire aux enjeux multiples. Des premières phases de recrutement remontant au XIXe siècle pour des missions d’outre-mer, à la massive mobilisation de 1914 pour la « Grande guerre » destinée à pallier les carences en troupes, la situation de ces exilés oscille entre contrainte et consentement. Observant les rapports difficiles entre Français et Sénégalais relatifs aux méconnaissances culturelles réciproques, ce point de vue focalisera sur la formation des jeunes tirailleurs sénégalais dans leur rôle de soldats (rôle endossé en Métropole), avant de considérer l’autre aspect de leur formation, effectif à leur retour au Sénégal, celui de véritable vecteur de francisation.

Ce quatrième et dernier ensemble va s’intéresser à la sous-thématique du « Voyage des mots ».
Yousra Sabra nous emmène à la découverte de nouveaux territoires linguistiques et des problématiques qui s’y rattachent. La compréhension générale du langage dépend de compétences cognitives faisant appel à trois systèmes interdépendants qui sont ici détaillés : système conceptuel, système sensorimoteur, et système « computationnel ». En cas d’altération d’au moins un de ces systèmes, la transmission en devient dialectiquement erronée ; ce cas est ici envisagé, lorsque l’altération d’un/des système(s) devient responsable, entre autres, de l’exil du récepteur vis-à-vis de la situation de communication.

Enfin, Damien Villers s’interroge sur le rôle des voyages dans l’origine et la création/dissémination des proverbes ou expressions associées à l’échelle d’un vaste territoire, voire à un autre continent. Après avoir démontré l’existence de proverbes typiquement européens, et avoir observé leur passage à l’étranger, il engage la problématique des sources communes, des adaptations et traductions, pour poser les bases de la notion de « proverbiogénèse ». En outre, lors ces voyages langagiers occasionnés par les migrants, le rôle capital des proverbes sera évoqué dans son rapport à la phraséologie.

 

Aurélie Dell’olio et Vladimir Schotter


 

 

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