Laboratoire BABEL

EA 2649
Langages, littératures, civilisations et sociétés

Conférences

QUAND IL N’Y AVAIT PAS DE FRONTIÈRE EN MÉDITERRANÉE

Conférence animée par Christophe MEURET (archéologue), dans le cadre du séminaire Frontière(s) organisé par l’équipe Écriture des espaces euro-méditerranéens du Laboratoire Babel.

Coordinateur : Youssef FERDJANI
Contact : youssef.ferdjani@univ-tln.fr

Mardi 24 Janvier 2023 à 17h00 – salle w1.115 – campus de la garde

À la fin de la République romaine, les rives de la Méditerranée sont conquises ; cette mer est alors l’axe principal du monde connu.

D’Homère à Ptolémée, les confins mythiques de cette mer intérieure sont devenus des données concrètes utiles aux géographes qui tentent d’en faire le dessin.

Attente, frontière et territoire dans Zama de Lucrecia Martel

Coordinateurs

José GARCIA-ROMEU et Jules-Charles SORBAC

Contact

jose.garcia-romeu@univ-tln.fr / jules-charles.sorbac@univ-tln.fr

MERCREDI 11 JANVIER 2023 À 9H00 – AMPHI Y1.008 – CAMPUS DE LA GARDE

Cette journée d’études est consacrée au film argentin Zama (2017) de Lucrecia Martel, adaptation du roman historique d’Antonio Di Benedetto intitulé également Zama (1956). Le film est une œuvre ambitieuse qui représente un jalon important dans la carrière de la cinéaste. Tout en demeurant fidèle au roman original, par l’emprunt en particulier des inflexions existentialistes propres au récit de Di Benedetto, Lucrecia Martel propose une relecture étroitement liée aux problématiques les plus actuelles (postcolonialisme, rapports de genre, transculturalité…) d’un moment historique spécifique, celui du crépuscule de l’Empire espagnol en Amérique.

Les choix esthétiques de Lucrecia Martel se prêtent ainsi aux jeux d’interprétations multiples que proposeront les conférenciers, universitaires français, qui contribueront à renforcer la connaissance de deux productions artistiques importantes (le roman et le film), à ce jour peu considérées par la recherche spécialisée dans le domaine hispano-américain.

CONSÉQUENCES POLITIQUES DE LA PLATEFORMISATION DES FRANCHISES CINÉMATOGRAPHIQUES : L’EXEMPLE DE DISNEY+

Conférence animée par Anaïs Goudmand, de l’Université Paris-Sorbonne, dans le cadre du séminaire L’imaginaire transmédiatique et ses enjeux politiques organisé par l’équipe Textes et livres du Laboratoire Babel.

Coordinateur : Alessandro LEIDUAN
Contact : alessandro.leiduan@univ-tln.fr

Mardi 13 décembre 2022 à 15h00 – B.U. la Garde – RDC – Salle Pédagogie innovante

En moins de dix ans, les plates-formes de streaming se sont multipliées et sont devenues un dispositif de visionnage incontournable, qui a entraîné une importante évolution des usages spectatoriaux, mais aussi des modes de production. Lancée en novembre 2019, la plate-forme Disney+ a permis la centralisation des franchises cinématographiques dont Disney détient la licence, en particulier Star Wars et Marvel. Cette conférence visera à interroger le modèle économique, technologique et culturel promu par Disney et ses conséquences sur les enjeux politiques de ces deux univers, notamment en ce qui concerne la représentation des minorités et sa réappropriation par les publics. Les films et séries destinés à Disney+ se caractérisent par la poursuite et l’intensification d’une politique progressiste en matière de diversité, qu’il faut se garder d’idéaliser dans la mesure où elle s’articule à des enjeux de rentabilité commerciale, et qu’il faut resituer dans la logique du paradigme postmoderne qui marque, selon Matthieu Letourneux, la production des fictions sérielles depuis les années 90.

MAFIAS ET TRANSMÉDIA : ENJEUX POLITIQUES DU RÉCIT CRIMINEL

Conférence animée par Manuela Bertone, de l’Université Côte d’Azur – Nice, dans le cadre du séminaire L’imaginaire transmédiatique et ses enjeux politiques organisé par l’équipe Textes et livres du Laboratoire Babel.

Coordinateur : Alessandro LEIDUAN
Contact : alessandro.leiduan@univ-tln.fr

Vendredi 2 décembre 2022 à 10h00 – Salle Y. 013A – Campus de la Garde

En Europe comme ailleurs, on assiste à la diffusion de pratiques narratives transmédiales qui donnent le jour à un « nouveau récit criminel », un produit culturel multi support dont le succès assure une forte visibilité aux organisations mafieuses. Constamment exposées à notre regard, les mafias du monde sont les protagonistes d’une narration élargie qui alimente sans cesse de nouvelles histoires, au point de générer une sorte de mafiatisation des goûts et des préférences du public. Et les mafias, conscientes d’être mises en scène, participent à leur tour à la diffusion d’histoires qui les concernent, notamment sur les réseaux sociaux. Quelle est la fonction exercée, dans le monde d’aujourd’hui, par les différents protagonistes de la construction du nouveau récit criminel (auteurs, industries culturelles, public) ? Leurs investissements sont-ils le fruit d’une stratégie marketing, d’un engagement militant, d’un choix politique ? Quels sont les changements qui s’opèrent à différents niveaux (factuel, imaginaire, social) lorsque le sens se déplace vers des dispositifs ou des instruments autres que le support narratif originel (souvent, le livre) ?

EXPÉRIENCE MÉDIATIQUE AUGMENTÉE : LES FORMES SYMBOLIQUES EN JEU DANS LA TRANSMÉDIALITÉ

Conférence animée par Pierluigi Basso Fossali, de l’Université de Lyon 2, dans le cadre du séminaire L’imaginaire transmédiatique et ses enjeux politiques organisé par l’équipe Textes et livres du Laboratoire Babel.

Coordinateur : Alessandro LEIDUAN
Contact : alessandro.leiduan@univ-tln.fr

Vendredi 25 novembre 2022 à 15h30 – B.U. la Garde, salle pédagogie innovante (rdc)

Normalement on estime que les médias fonctionnent comme une amplification de l’espace de référence avec des ancrages techniques qui deviennent supports pour l’accès à d’autres cadres d’expérience. Pourtant, il est facile de constater que les expériences médiatiques sont à leur tour médiées ; avant tout par l’environnement sensible d’accueil, avec ses contingences, et ensuite par la mise en abyme des dispositifs utilisés. En ce sens, des phénomènes de méta-médiation sont largement connus et pratiqués, trouvant une synthèse parfaite dans l’environnement de travail de notre ordinateur. La promotion d’une réflexion spécifique sur la trans-médialité, dont ce séminaire est un bon témoignage, indique évidemment des enjeux qui ne sont pas réductibles à la mise en abyme des médiations. D’une part, il y a une dimension traductive laquelle nous interroge sur les (in)équivalences effectives des versions de départ et d’arrivée, d’autre part, on rencontre une visée fédératrice à même d’intégrer plusieurs supports dans un projet de signification global. Si l’on pense à la trans-médiation comme opération perfective, bref strictement identifiable avec ses résultats, alors le modèle historique de référence peut être le Gesamtkunstwerk, l’œuvre d’art totale qui trouve sa concrétisation dans une mise en scène théâtrale dans laquelle toutes les muses peuvent s’exprimer en dialogue. Si l’on donne à la trans-médialité une interprétation ouverte et donc imperfective, alors la traduction de supports se signale moins pour ses aboutissements que par son exigence constante de relancer la signification selon une vie des formes. Si à la fin du XIXe siècle le théâtre est apparu comme le plateau idéal pour l’œuvre totale, aujourd’hui, sa résilience culturelle, face à la puissance des nouveaux médias, l’invite à réinterpréter sa vocation et à incarner l’inachèvement de la culture ; la performativité de l’inter-médialité techniquement acquise devient alors magie d’une trans-médialité artisanale qui souligne le « salto mortale » de chaque passage traductif. En ce sens, des cinéastes comme Jaco Van Dormael (voir Kiss and Cry, 2011 ; Cold Blood, 2015, réalisés avec la chorégraphe Michèle Anne De Mey) ont non seulement réinjecté le théâtre à l’intérieur du monde filmique (solution assez traditionnelle dans la perspective d’une remédiation), mais aussi confié à nouveau le spectacle cinématographique à la dimension événementiel d’un plateau et d’une expérience incarnée.

L’objectif de cette intervention est de faire émerger une trans-médialité à la fois critique et aventureuse qui procède selon des circuits de médiation qui nous offrent des nouvelles formes symboliques. Cela est l’indice d’une portée culturelle non éphémère et qui mérite alors d’être étudiée comme phénomène marquant de notre contemporanéité. En même temps, le critère de l’émergence de nouvelles formes symboliques peut être assumé comme révélateur de opérations trans-médiales stériles et qui parfois ne méritent même pas cette appellation.

L’APPROCHE TRANSMEDIATIQUE DE LA CULTURE POPULAIRE COMME RESSOURCE IDENTITAIRE DANS LA CULTURE GEEK

Conférence animée par David Peyron, de l’Université d’Aix-Marseille (site d’Arles), dans le cadre du séminaire L’imaginaire transmédiatique et ses enjeux politiques organisé par l’équipe Textes et livres du Laboratoire Babel.

Coordinateur : Alessandro LEIDUAN
Contact : alessandro.leiduan@univ-tln.fr

Vendredi 18 novembre 2022 à 10h00 – Salle Y1.211

Il sera question ici de la narration transmédia abordée du point de vue du public au travers de travaux menées sur la culture geek et la transversalité des pratiques de celles et ceux qui s’en revendiquent. Aborder le transmédia, non pas uniquement comme dispositif médiatique ou technique, mais comme rapport à la culture situable historiquement et culturellement permet ensuite de l’analyser à l’aune des formes identitaires qui s’en dégagent. Cela invite alors à élargir le regard sur ce phénomène pour en faire un de traits typiques de l’évolution moderne du rapport des individus à leur définition de soi dans la société de ces cinquante dernières années, une évolution sociale et politique qui conduit à de nouvelles formes d’affiliations communautaires basées sur la fragmentation des pratiques, sur la revendication de cultures subalternes (culture non légitime, mouvement féministe, antiracisme) et sur une réflexivité identitaire accrue.

LA NARRATION TRANSMÉDIATIQUE : CONTINUITÉ OU RUPTURE POUR L’HOMO NARRANS ?

Conférence animée par Raphaël Baroni, de l’Université de Lausanne, dans le cadre du séminaire L’imaginaire transmédiatique et ses enjeux politiques organisé par l’équipe Textes et livres du Laboratoire Babel.

Coordinateur : Alessandro LEIDUAN
Contact : alessandro.leiduan@univ-tln.fr

JEUDI 27 OCTOBRE 2022 à 15H30 – En visio-conférence sur Teams

Les productions transmédiatiques contemporaines sont aujourd’hui souvent présentées comme des univers en expansion a priori illimités, qui auraient fait disparaître la distinction entre un texte (ou une « constellation » de textes) et sa périphérie. Considérer que certains éléments transfictionnels relèvent malgré tout de la paratextualité impliquerait d’établir une hiérarchie entre un centre narratif et sa périphérie, de sorte que des portions de la diégèse pourraient être interprétées comme constituant un simple paratexte, généralement à fonction promotionnelle, pour un récit plus restreint, qui constituerait le cœur du dispositif médiatique. Comment déterminer alors une frontière entre texte et paratexte face aux innombrables configurations offertes par les franchises contemporaines ? Nous proposerons de nous servir de la notion d’intrigue, trop souvent marginalisée dans les études sur les narrations transmédiatiques, de manière à montrer que cette notion demeure un critère fondamental permettant de distinguer différents degrés d’intégration des lignes narratives. Nous verrons que certains récits impactent la trame globale de la narration transmédiatique, alors que d’autres ne sont pas des récits au sens plein du terme ou n’ont que la fonction marginale de remplir des interstices de la trame des événements, voire peuvent être rétrospectivement délégitimées au profit du récit principal porté par un média spécifique.

PONT ET PORTE : CETTE MÉDITERRANÉE ENTRE LITTÉRATURE ET CINÉMA

Conférence animée par Jaouad Serghini, Université d’Oujda dans le cadre du séminaire organisé par l’équipe Écriture des espaces euro-méditerranéns.

Coordinateur : Youssef Ferdjani

Contact : youssef.ferdjani@univ-tln.fr

Mardi 25 octobre 2022 à 17h – Salle W1.115

Pont ou porte, mer ou mur, des représentations qui appellent à saisir la Méditerranée sous le signe de la binarité. Jamais une mer n’a suscité autant d’intérêt que cette Mer du milieu.
Oscillant entre plusieurs représentations qui drainent une multitude de concepts, la Méditerranée cristallise les oppositions majeures des sociétés actuelles. Portée au grand écran où, faisant l’objet d’analyse intellectuelle d’auteurs, la Méditerranée force l’interrogation et invite à la réflexion sur la vie, sur les rapports des porteurs de culture des deux rives et sur le devenir de l’humanité. Cette conférence se propose d’analyser les mises en scène filmiques et littéraires de la Méditerranée comme espace où s’exerce la binarité.