Laboratoire BABEL

EA 2649
Langages, littératures, civilisations et sociétés

Actu

Figures et (re)configurations du politique des années 1970 à nos jours

Texte de cadrage du séminaire

Le séminaire transversal du Laboratoire BABEL de l’Université de Toulon prend la forme de journées d’études, colloques, conférences, tables rondes visant à rassembler l’ensemble des membres du laboratoire ainsi que des étudiants de Master, et des intervenants invités. Leur objectif sera de confronter les approches d’un même thème au regard des différentes disciplines (histoire et civilisation, sciences politiques, littérature, linguistique, philosophie, sociologie…), en particulier sous un angle épistémologique.

   Quand on parle du politique, pour reprendre une célèbre expression de Marc Bloch, on évite de faire du mot “politique” «fatalement le synonyme de superficiel» et l’on dirige l’attention vers un champ social dominé par des conflits d’intérêt réglés par des pouvoirs (Déloye, 2008). Le politique, dont la conception a évolué au cours de l’histoire du XXème siècle, exprime potentiellement tout phénomène social et se présente aux sociétés contemporaines sous la forme d’un ensemble de forces institutionnalisées qui à la fois interagissent et se (re)configurent dans un espace appelé “champ politique”. 

   Pendant la longue période comprise entre le début des années 1970 et nos jours, en passant par la transition critique marquée par les trois années 1989-1991, l’univers du politique, dans ses multiples déclinaisons (élément idéologique, aspects institutionnels, espace de la souveraineté et de la représentation, interrelation des dynamiques sociales, économiques et culturelles), a été soumis à des tensions continues qui ont déclenché et ne cessent de déclencher encore aujourd’hui un processus, également continu, de (re)configuration à la fois des frontières du “champ politique” et des acteurs (individuels, collectifs, institutionnels) qui (inter)agissent au sein de celui-ci, ainsi que des principes qui en régissent le fonctionnement. L’origine d’un tel processus — qui nécessite une lecture interdisciplinaire — peut être identifiée dans les transformations de la seconde après-guerre mondiale qui ont connu une accélération extraordinaire à partir des années 1970.

    Au cours des deux décennies marquées par la coexistence pacifique, le progrès économique et la liberté politique se sont imposés à l’Ouest sous le signe d’une (re)configuration du modèle de la démocratie libérale, tandis qu’à l’Est les différentes formes d’«économie d’État» ont contribué à (re)configurer le système de pouvoir basé sur le “socialisme réel”. Ainsi, deux «mondes» opposés se sont forgés et synthétisés, dans l’imaginaire collectif à travers les deux termes de «capitalisme» et de «communisme». Les années soixante-dix ont marqué la décennie où l’antagonisme bipolaire a donné lieu, d’une part, à des (re)configurations du pouvoir politique, d’autre part à des formalisations culturelles inédites, portées par les nouvelles urgences issues d’une société en mouvement et notamment poussées par la vague de la contestation juvénile : soif de liberté, besoin d’innovation, volonté créatrice impérieuse et généralisée visant à surmonter la clôture de normes sociales représentées comme traditionnelles. On pourrait également dire que les années soixante-dix ont ouvert un grand atelier de renouveau social à l’échelle planétaire où la (re)configuration des langages politiques n’a pas manqué de s’entremêler étroitement avec celle des langages littéraire, artistique, musical, cinématographique, journalistique et éditorial, dans un contexte économique et géopolitique en vertigineuse évolution : les effets de la fin de la convertibilité or-dollar; une nouvelle étape de la “question du Moyen-Orient” marquée par la guerre du Yom Kippour ; la crise pétrolière mondiale; le Watergate ; la fin tragique de l’expérience de Salvador Allende au Chili ; la phase la plus aiguë de la stratégie de la tension ; la mission des sondes Voyager dans l’espace; la montée de Margaret Thatcher à la fonction de Premier ministre en Grande-Bretagne.

   S’il est donc vrai que les années 1970 peuvent être considérées comme le terminus a quo d’une longue saison de changement, ilest également vrai que, pour tenter de saisir la parabole de (re)configuration du politique jusqu’aujourd’hui, il faut passer par une autre transition historique cruciale placée, pour ainsi dire, in media re. Il s’agit de 1989-1991, une période complexe à lire par rapport à l’avant et à l’après. Suite à l’implosion du système soviétique, on a assisté, d’une part, à la fin des paradigmes avec lesquels l’antagonisme entre les deux «mondes» avait été représenté et perçu au niveau de la société civile, tandis que d’autre part on a assisté à la diffusion de l’idée d’un triomphe imparable du capitalisme et du modèle de la démocratie libérale, comme le résultat des transformations des deux décennies précédentes. C’est ainsi qu’ont pu se dessiner des représentations sans précédent d’une crise affectant à la fois les modèles de gouvernance économique et politique et les cultures politiques qui ont occupé la scène du XXème siècle et désormais perçues comme «traditionnelles», contribuant à semer les graines dans la société d’une désaffection de plus en plus évidente vis-à-vis de la politique et, plus particulièrement, de la démocratie en tant que système (Rosanvallon, 2006; Dahrendorf, 2003 ; Crouch, 2004).

    Avec 1989-1991 et le déclin du «siècle des idéologies» (Bracher 1982), on a assisté également à une (re)configuration du champ des relations internationales. L’irruption, dans le domaine de l’investigation scientifique, de l’élément de l’imprévisibilité accompagné du changement conséquent des «schémas mentaux», représentent les marqueurs d’un contexte où il est très difficile de trouver un fil rouge qui puisse permettre de comprendre quelle logique, après la fin du système bipolaire, régit les rapports de force entre les puissances (Jervis, 1970; Gaddis 1993, 2005; Nye, 2002). Un processus de (re)configuration «exceptionnelle» dû à la perte progressive de la primauté planétaire par les États-Unis et à l’ouverture d’une nouvelle dimension que certains spécialistes ont tenté de définir en faisant recours au concept de «chaos» (Menotti, 2010), notamment à la suite de certains événements qui ont secoué la scène mondiale des vingt dernières années : du 11 septembre 2001 à la crise économique et financière de 2008 ; du changement de modalité de l’action terroriste globale à l’explosion du phénomène migratoire et, enfin, à l’urgence sanitaire du COVID-19.

   Comme déjà évoqué, la période 1989-1991 a accéléré la crise des cultures politiques protagonistes du XXème siècle (Almond et Verba, 1963 ; Badie 1986; Rosanvallon 2003 ; Berstein, 1999; Visciola, 2018). À cause d’un complexe concours — pas encore bien exploré — de circonstances et de stratégies, au lendemain de la chute du mur de Berlin, l’Histoire n’a pas touché sa fin, contrairement à ce qu’avaient pu croire les nombreux, mais très peu scrupuleux, interprètes de Francis Fukuyama, l’auteur d’un classique parmi les plus cités et les moins “compris” de la politologie (Fukuyama, 1992). Ce fut plutôt le début d’un chemin exponentiel, en termes de consensus et de capacité d’action, de la démocratie libérale et de ses modèles. Orpheline de ses ennemis historiques, communisme, nationalisme, fascisme, — contre lesquels elle s’était distinguée ainsi que (re)définie à certains égards après 1945— et en cours de (re)configuration dans les années soixante-dix, la démocratie libérale, une fois cessé l’antagonisme entre les deux «mondes» opposés, allait chercher des ressources identitaires non pas tant dans son propre “bagage idéal” que plutôt dans ses propres pratiques. Après une longue série de tentatives visant à actualiser des formes de représentation perçues comme «anciennes», à travers différents modèles de démocratie centrés sur la figure du leader (L. Cavalli; J. S. Nye, 2002) ou avec des formes nouvelles et plus larges de participation citoyenne, la démocratie a été placée, pour ainsi dire, «sous stress», devenant la cible privilégiée de critiques qui, au fil du temps, ont fini par se traduire  par un sentiment de méfiance grandissanteenvers la politique latu sensu. Une telle méfiance n’aurait pas manqué d’affecter également les acquisitions du processus de construction européenne (Dahrendorf, 2003), fruit de la guerre froide, contestée par l’affirmation des mouvements dits «souverains» et «populistes» (Canovan, 1991 1999;  Tarchi, 2017).

   À l’approche du premier quart du XXIème siècle, il est donc légitime de se demander s’il est encore possible de dresser un profil idéologique du temps présent, de discerner des horizons idéaux et de Weltanschauungen, et de se demander si les agences de sociabilité politique “traditionnelles” montrent encore la capacité d’exprimer une force intellectuelle, peuvent aussi créer des mobilisations collectives (Visciola, 2018). Aujourd’hui, de nouvelles manifestations/représentations d’une crise, qui frappe de plein fouet la politique dans presque tous les pays de l’Occident, surgissent et se succèdent; l’idée de représentation politique, dans une société à forte connotation individualiste et exposée aux effets secondaires de la globalisation, est en train de muter ; les relations de pouvoir entre les États évoluent selon des modalités inconnues jusqu’à présent.

   D’où la nécessité d’étudier ces processus par le biais d’une approche interdisciplinaire, dans la perspective d’appréhender les fonctions multiples et articulées ayant déclenché des mécanismes inédits d’intégration, d’identification et de mobilisation qui n’ont pas manqué de se traduire par de nouvelles attitudes et comportements politiques. Si, dans le contexte de la socialisation politique, on peut définir les «attitudes» comme l’ensemble des dispositions acquises, c’est-à-dire des représentations, des valeurs et des normes capables de structurer des idées et des opinions, les comportements représentent, en revanche, toutes ces activités pratiques qui relèvent de la participation et qui exercent, ou tentent d’exercer, une influence sur le pouvoir politique (Bourdieu, 1980).

    Dans quelle mesure de tels paradigmes ont pu éviter, retarder, contenir, accentuer ou accélérer la (re)configuration du politique ? Ces questions méritent d’être étudiées dans une perspective mettant en relation divers champs disciplinaires.

Il est possible d’identifier au moins 5 macro-aires d’investigation concernées par ces processus:

1)        L’évaporation du mythe de la Révolution, tel qu’il avait commencé à prendre forme dans la transition entre les Lumières et 1789. Ce phénomène, favorisé par l’avancée de la sécularisation qui, au cours de l’époque contemporaine, a agi sur les mentalités et sur les cultures politiques, et a marqué non pas tant le divorce définitif du «sacré» de la politique (M. Weber), mais plutôt une (re)configuration du rapport entre ces deux dimensions. Un processus qui a donné naissance, comme phénomène le plus évident, à de nouvelles «religions sans Dieu» , premiers protagonistes de la politique au cours du XXème siècle (Billington, 1980).      

2)     La (re) configuration de l’Etat, tant dans sa formalisation institutionnelle que dans sa perception, avec le changement conséquent de l’équilibre entre l’Etat et la société, dans le cadre d’une nouvelle réflexion sur les objectifs et les instruments d’action du pouvoir politique.      

3)   La (re)configuration complexe des relations internationales qui nécessite une réflexion approfondie sur la répartition et l’équilibre des pouvoirs entre les différents États, dans le cadre évolutif du contexte «post-bipolaire».      

4)   La (re)configuration (comme conséquence des deux phénomènes évoqués en point 1 et 2) des figures de pouvoir, des modèles de leadership, tant en relation avec le rôle du leader, au sein de son propre parti et / ou dans le contexte institutionnel, qu’en rapport à son action dans les lieux de sociabilité, avec une référence particulière au changement des modes d’interaction des médias avec le public.      

5)   La nécessité (toujours conséquente aux deux phénomènes évoqués en premier lieu) d’une (re)configuration des langages, de la rhétorique, des modèles et styles littéraires, des représentations sociales et culturelles qui s’articulent dans le “champ politique”.      

Responsables scientifiques :  

Simone Visciola, MCF Université de Toulon  ( HYPERLINK « mailto:simone.visciola@univ-tln.fr »simone.visciola@univ-tln.fr)

Marie Gayte, MCF Université de Toulon         ( HYPERLINK « mailto:marie.gayte-lebrun@univ-tln.fr »marie.gayte-lebrun@univ-tln.fr)

*.  *.  *. 

Bibliographie (une sélection provisoire) 

Almond, G. A. Verba, S., The Civic Culture. Political Attitudes and Democracy in Five Nations, Princeton, Princeton University Press, 1963. 

Badie B., Culture et politique, Paris : Economica, 1986. 

Billington, J. H., Fire in the Minds of Mens. Origins of the Revolutionary Faith, New York, Basic Books, 1980.

Berstein S. (ed.), Les cultures politiques en France, Paris, Seuil, 1999.

Berstein S. et Milza P. (dir.), Axes et Méthodes de l’histoire politique, Paris, Puf, 1998.

Bougnoux D, La crise de la représentation, Pans, Éd. La Découverte, 2007.

Bourdieu, P., Questions de sociologie, Paris, Editions de Minuit, 1980.

Bracher, K. D. Zeit der Ideologien: Eine Geschichte politischen Denkens im 20, Stuttgart, Jahrhundert, 1982.

Breton P., Lincompétence démocratique. La crise de la parole aux sources du malaise (dans la) politique, Paris, Éd. La Découverte, 2006.

John B. Allcock, ‘Populism: A Brief Biography, Sociology, vol. V, no. 3, septembre 1971.

Canovan, M., Populism, Junction, London, 1981.

Canovan M., “Trust the People!” Populism and the two faces of democracy, Political Studies, 9 (1999)

Cavalli, L., Governo del leader e regime dei partiti, Bologna, Il Mulino, 1992.

Crouch, C., Post-Democracy, Cambridge, Polity Press, 2004.

Dahrendorf, R., Making Sense of the EU: The Challenge for Democracy, “Journal of Democracy”, John Hopkins University Press, vol. 14, N.4, (October, 2003), pp. 101-114.

Déloye, Y., Sociologie historique du politique, Paris : La Découverte, 2008. 

Démocratie et littérature. Expériences quotidiennes, espaces publics, régimes politiques, sous la direction de Philippe Roussin et Sebastian  Veg,“Communications” (École des Hautes Études en Sciences Sociales- Centre Edgar Morin)n° 99, Paris, Seuil, 2016.

Dryzek, John S.,  Deliberative Global Politics: Discourse and Democracy in a Divided World, Cambridge, UK, Polity Press, 2006. 

Fukuyama, F., The End of History and the Last Man, London, Hamish Hamilton, 1992.

Gaddis, J. L., The Cold War. A new history, Penguin Press, New York, 2005. 

Gaddis, J. L., International Relations Theory and the End of the Cold War, “International Security”, Vol. 17, No. 3 (Winter, 1992-1993), pp. 5-58.

Gauchet M., La démocratie contre elle-même, Paris, Gallimard, 2000.

Jervis, R., The Logic of Images in the International Relations, Princeton, Princeton University Press, 1970. 

L’Huiller, M.C. et A. Jollet, Révolution(s). Entre commotion et commémoration 1917-2017, Arcidosso, Effigi, 2019.  

Lo Schiavo, L. Postdemocracy and Neoliberal Egemony, Lambert Academic Publishing, 2017.

Menotti, R., Mondo caos. Politica internazionale e nuovi paradigmi scientifici, Roma-Bari, Laterza, 2010. 

Nye, J., The Paradox of American Power: Why the World’s Only Superpower Can’t Go it Alone, Oxford, Oxford University Press, 2002. 

Pinker S., The Language Instinct: How the Mind Creates Language,New York, Harper Perennial Modern Classics, 1994. 

Pye L. W., Verba S. (éd.), Political Culture and Political Developpement, Princeton, Princeton University Press, 1969.

Rémond, R. (dir.), Pour une histoire politique, Paris, Seuil, 1988. 

Rosanvallon, P., La contre-démocratie, la politique à l’âge de la défiance, Paris, Seuil, 2006.

Rosanvallon, P.,  Pour une histoire conceptuelle du politique, Leçon inaugurale au Collège de France, donnée le 28 mars 2002, Paris, Seuil, 2003.

Taggart, Paul, Populism, Open University, Press, 2000. 

Tarchi, M., Un prince et une chaussure: où est-elle la princesse?; le « complexe de Cendrillon » dans la science politique cinquante ans après, “Studia Politica: Romanian Political Science Review”, 17(4), 2017, pp. 491-516.

 Thiesse , A. M., La fabrique de l’écrivain national. Entre littérature et politique, Paris, Gallimard, 2019.

Visciola S. (dir.), Les cultures politiques en Italie. Des origines à la fin de la “première” République, “Babel, Civilisations et sociétés”, XVI-2018. 

Wolf, N., Le roman de la démocratie, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2003.

Programme du séminaire

1)  Conférence : « Vivre dans le monde que la guerre a façonné » ? : les stratégies des Républicains et des Démocrates pendant la « Reconstruction » (1865-1877)
Mercredi 19 mai à 18h

2) Table ronde : Globalizzazione e (ri)configurazione del nuovo (dis)ordine internazionale / Globalisation et (re)configuration du nouveau (dés)ordre international
Lundi 24 mai à 18h

3)  Conférence : Ligue du Nord : figures et (re)configurations rhétoriques
Mercredi 26 mai à 18h

4) Conférence : Dieu, télévision et famille : Figures des “déclins” italiens au miroir du cinéma
Lundi 31 mai à 18h

5)  Conférence : La tecnocrazia nell’ultimo quarto di secolo : utopie e realtà della depoliticizzazione
Mardi 8 juin à 18h

6)  Conférence : Margaret Thatcher et la (re)configuration du politique au Royaume Uni (années 1970-1980)
Mardi 15 juin à 18h

7)  Conférence : Le mythe de la Révolution et ses (re)configurations dans l’histoire de l’Italie unie
Vendredi 18 juin à 18h

8) Conférence : The (re)configuration of the American Presidency :‘much to repair, much to restore, much to heal, much to build’
Mercredi 23 juin à 18h

9)  Conférence : (Ri)configurazione del politico e geopolitiche della comunicazione nei tempi delle Reti
Lundi 28 juin à 18h

Un voyage imaginaire à Sumatra à la Renaissance

Guillaume Berthon (Université de Toulon, Babel) et Raphaël Cappellen (Université de Paris, Cerilac) publient une édition critique des Letres des ysles et terres nouvellement trouvées par les Portugalois, récit d’un voyage imaginaire à Sumatra à la Renaissance (Genève, Droz, « Textes Littéraires Français », 2021, cxx p. (introduction) et 106 p. (texte et notes)).

Vers 1537 paraît à Toulouse un intrigant recueil d’épîtres en vers relatant un voyage à Sumatra effectué par trois Français. Parfaitement fictifs, les récits mêlent l’imaginaire des grandes découvertes à celui du mythique pays de Cocagne. En s’embarquant en rêve pour ce véritable Éden, les trois aventuriers font de la description des usages insulaires l’image inversée d’une Europe déclinante, qui s’en va à vau-l’eau. D’inspiration marotique, cette subversive fantaisie poétique est restée inconnue des spécialistes des récits de voyage et de la poésie du XVIe siècle, faute d’avoir été rééditée depuis 1537. L’édition qui en est proposée la redécouvre dans toute sa verve simple et efficace, en l’accompagnant d’une introduction et d’une dense annotation, qui en restituent le contexte culturel, éditorial et littéraire.

Edition critique disponible sur ce lien https://www.droz.org/9782600062527

Conférence de Pablo Gershanik : L’art peut-il mener vers la résilience ?

L’artiste argentin Pablo Gershanik est clown et metteur en scène. Son travail consiste à établir des liens entre l’art et la santé mentale afin de soutenir le processus de résilience.

Face aux traumatismes vécus par les individus, il s’appuie sur le corps pour exprimer la douleur, le choc ou la violence sociale par le biais de la réalisation de maquettes dites « maquettes intimes ». Il a beaucoup oeuvré, en résidence au 104, à Paris, suite au drame du Bataclan, ainsi qu’à Nice après le 14 juillet 2016.

Cette volonté de trouver une voie de résilience, il l’a également appliqué aux problèmes de la pauvreté, de la marginalisation sociale ou culturelle, de la migration, ou encore à toutes formes d’abus.

Il sera ce mardi 17 mars à 20h au Télégraphe pour exposer ce projet de « maquettes intimes » et l’importance de l’art et l’expression par le corps peuvent acquérir dans le traitement de nos traumatismes.

Pour assister à cette conférence gratuite, il faut réserver au

https://letelegraphe.org/fr/agenda/503/artetresilience

Journées d’études internationales (2018-2019) : Presse et représentations dans le monde hispanique contemporain

Journée 2 Presse & Genre, le 13 septembre 2019, à l’Université de Toulon, Salle FA.715, bâtiment Pi, Campus de Toulon-Porte d’Italie.

Organisateurs :

Evelyne COUTEL (ENS Lyon) : evelyne.coutel@ens-lyon.fr

Jules SORBAC (Université de Toulon) : jules-charles.sorbac@univ-tln.fr

Laboratoires IHRIM (UMR 5317) & BABEL (EA 2649)

Programme de la journée

9h Ouverture de la journée par José Garcia-Romeu, doyen de la Faculté de Lettres, Langues et Sciences Humaines de l’Université de Toulon

Introduction de la journée avec Evelyne Coutel et Jules Sorbac

SESSION 1 : GENRE, VIOLENCES ET SENSIBILISATION AU PRISME DU FAIT DE SOCIETE

10h Davy Desmas (Université Toulouse Jean Jaurès)

« Collision des discours journalistiques et littéraires confrontés à la violence de genre : le cas des oubliées de Clipperton. »

10h30 Maria Isabel Menéndez (Universidad de Burgos)

« Representacion de la violencia sexual en la prensa española actual: de Diana Quer a Laura Luelmo y mientras tanto « La Manada ». »

11h Pause

11h15 Victoria Garrido y Saez (Université Bourgogne-Franche-Comté)

« Le traitement médiatique de la journée internationale des droits des femmes à travers El Pais et La Vanguardia (2004-2019) : une (r)évolution des cordes du genre ? »

11h45 Discussion

12h15 Déjeuner

SESSION 2 : GENRE ET CONSTRUCTION DES MODELES SENTIMENTAUX/SEXUELS

13h45 Evelyne Coutel (ENS Lyon)

« El consultorio sentimental de Amparito Rivales en Primer Plano (1947-1953): una voz trasgresiva en la revista de cinematografia oficial del franquismo ? »

14h15 Monica Garcia-Fernandez (Universidad de Oviedo)

« Sexualidad e ideales de género en la prensa del segundo franquismo (1960-1975). »

14h45 Pause

15h Anaïs Ornelas Ramirez (Sorbonne Université)

« Ships LGBTQ+ y prensa latinoamericana: amor adolescente y control de las sexualidades. »

15h30 Discussion

SESSION 3 : GENRE ET ENGAGEMENT : LE TRAVAIL JOURNALISTIQUE DE PATRICIA SIMON

16h Interview table ronde autour de Patricia Simon, reportrice à La Marea (journal coopératif espagnol) et directrice de l’émission « La ciudad de los derechos y la memoria » sur M21 Radio

17h Clôture de la deuxième journée

Colloque international La Méditerranée et ses mondes dans l’oeuvre d’Arturo PEREZ-REVERTE

Colloque international organisé par la Catedra Arturo PEREZ-REVERTE de l’Université de Murcia et le laboratoire Babel de l’Université de Toulon, les 9 et 10 Décembre de 9h à 13h, au bâtiment Pi, Amphithéâtre FA.010, Campus de Toulon-Porte d’Italie.

Organisateurs : José Belmonte SERRANO, Marie-Thérèse GARCIA, José GARCIA ROMEU, Laure LEVÊQUE.

Contacts

José GARCIA ROMEU : jose.garcia-romeu@univ-tln.fr

Marie-Thérèse GARCIA : colloque.perez.reverte@gmail.com

Programme du Lundi 9 Décembre 2019

9h Accueil des participants

9h15 Session d’ouverture du colloque par

  • M. Le Président de l’Université de Toulon, Xavier LEROUX
  • José BELMONTE SERRANO, Directeur de la Catedra Arturo Pérez-Reverte de l’Université de Murcia
  • Laure LEVÊQUE, Directrice-adjointe du Laboratoire Babel

9h35 Début des conférences

Modératrice Marie-Stéphane BOURJAC (Université de Toulon)

9h45 « Le Territoire narratif d’Arturo Pérez-Reverte et la Méditerranée. » (français)

Marie-Thérèse GARCIA (Université de Toulon)

10h10 « La carta esférica ou l’aventure maritime : portée et signification. » (français)

Natalie NOYARET (Université de Caen)

10h40 Pause café

11h « Les crâneurs, les beaufs à la plage, la mer et ses pirates dans l’oeuvre journalistique d’Arturo PEREZ-REVERTE. » (espagnol)

José BELMONTE SERRANO (Université de Murcia)

11h30 Table ronde : Méditerranée et mémoire(s) (français) avec

  • l’écrivain Arturo PEREZ-REVERTE,
  • Alberto MONTANER FRUTOS,
  • Natalie NOYARET

Modératrice Marie-Stéphane BOURJAC (Université de Toulon)

Programme du Mardi 10 décembre 2019

Modératrice Marie-Thérèse GARCIA (Université de Toulon)

9h « Méditerranée, locus amoenus. » (espagnol)

Alexis GROHMANN (Université d’Edimbourg)

9h30 « Arturo PEREZ-REVERTE et les échanges franco-espagnols. » (français)

Alain MORELLO (Université de Toulon)

10h Pause café

10h25 « Elan et émotion dans Corsarios de Levante. » (français)

Alberto MONTANER FRUTOS (Université de Saragosse

11h00 Table ronde : « Arturo PEREZ-REVERTE : la poétique d’un écrivain. » (espagnol) avec

  • l’écrivain Arturo PEREZ-REVERTE,
  • Alexis GROHMANN,
  • Marco SUCCIO

Modératrice : Marie-Thérèse GARCIA (Université de Toulon)

12h45 Clôture du colloque en présence de

  • José GARCIA-ROMEU, Directeur de l’UFR Lettres de l’Université de Toulon
  • José BELMONTE SERRANO, Directeur de la Catedra Arturo PEREZ-REVERTE de l’Université de Murcia
  • Laure LEVÊQUE, Directrice-adjointe du Laboratoire Babel

Colloque European Association for Studies of Australia

18-20th September 2019 – Toulon – France

Recent events in Australia remind us that Australia is still caught in discourses on “nation”, “belonging” and “identity” in an environment that fails to produce new alternatives in this so-called “postcolonial”, “multicultural” country. By proposing Alter/Native Spaces the 2019 EASA conference intends to go beyond the postcolonial to examine how the prefix “alter” is thus linked both to the notion of an alternative and to the notion of multiplicity, and how Indigenous and non-Indigenous knowledges may interact and form new spaces to reframe the relationship between the settler nation and the Indigenous peoples by instating their presence in place of their absence. The conference also seeks to examine the ways in which the interaction of Indigenous and non-indigenous geographies may construct alter/native spaces, imaginaries or models of inhabitance that can provide new modes of rethinking difference and belonging. Among the new spaces, global spaces of Indigeneity can be scrutinized as a new decentered vision — an alter/native movement of identities.

Consultez le site sur http://sites.univ-tln.fr/easa/

The conference will examine identity fragmentation, intersectional identities, floating movements in the creation of identities, between coercion and resistance/ reaffirmation, as well as shifting concepts and definitions, between the imposed and the chosen. The blurriness of representation from the perceived to the represented can also be studied with an exploration of the interpretation, the use and aim of images. Virtual identities can be investigated as well. The 2019 EASA “Alter/Native Spaces” conference will thus focus on the flexibility of boundaries, on “in-betweenness”.

This conference aims to explore the following questions :

  • Inter/transcultural understandings
  • Knowledges/knowledge
  • Reinventing the past/ Re-visions of histories
  • Hybrid aesthetics
  • Cultural reconfigurations and nationalist discourses
  • Colonialism/Multiculturalism/decolonization/neo-colonialism
  • Alterpolitics
  • Altermodernism
  • Environmental sustainability and the anthropocene
  • Geographies of alter-globalization
  • Geographical aesthetics
  • Regionalism and localism
  • Colonial exploration/postcolonial exploitation
  • Recognition and Reconciliation
  • Nostalgia
  • Heritage and ideals
  • Post-conflict and reconciliation
  • Convivial cultures