Laboratoire BABEL

UR 2649
Langages, littératures, civilisations et sociétés

Archives de catégorie Équipes

Séminaire 2024-26 : « Conception(s) de la nation »

Séminaire « Conception(s) de la nation dans le monde anglophone »

Evénements organisés par l’équipe Monde anglophone contemporain du Laboratoire Babel.

Le séminaire de recherche « Conception(s) de la nation dans le monde anglophone » invite à interroger la nation selon deux dimensions complémentaires : d’une part, ses origines et ses fondements historiques, et d’autre part, la vision qu’elle porte pour l’avenir et sur elle-même, la nation comme un concept en perpétuelle redéfinition face aux mutations politiques, sociales et culturelles.

Cette thématique pose la question de l’identité nationale – conçue comme inclusive ou exclusive –, de l’appartenance à la nation – qui compose la nation, qui en est exclu ? –, et donc aussi de l’intégration à la nation.

Cette problématique identitaire permet d’intégrer une réflexion sur les idéologies politiques, et en particulier sur les formes contemporaines de nationalisme, dans un contexte international marqué par la montée des droites radicales et extrêmes, et par des revendications identitaires souvent conflictuelles. On assiste en effet depuis plusieurs années à une polarisation croissante de la nation et des groupes qui la composent, autour de clivages identitaires multiples, qu’ils soient culturels, ethniques, religieux, territoriaux, ou encore liés aux questions de genre et de minorités sexuelles. Ces clivages révèlent la complexité des appartenances et des exclusions au sein de la nation.

Ce séminaire se veut un espace de réflexion autour de ces enjeux multiples et complexes, qui doivent nous permettre de mieux comprendre le monde anglophone contemporain, en intégrant la façon dont l’héritage historique et culturel a contribué à fonder ces identités, et comment les différentes conceptions de la nation se construisent, se confrontent et se transforment face aux défis contemporains. Ainsi, la nation apparaît à la fois comme le produit d’un passé fondateur et comme un projet en devenir, constamment reconfiguré par les enjeux sociopolitiques actuels.

Conférences réalisées :

Conférence : « “Yearning for the nation-state”? Les think tanks conservateurs britanniques et américains à l’épreuve du conservatisme national  »

MARDI 07 AVRIL 2026 – 17h.

Bâtiment W1 • Salle W1.115 • Campus de LA GARDE


Coordinatrice

Youssef FERDJANI

Karine TOURNIER-SOL

karine.tournier-sol@univ-tln.fr

LP


Virgile Lorenzoni, MCF en civilisation britannique et américaine à Aix Marseille Université : “Yearning for the nation-state”? Les think tanks conservateurs britanniques et américains à l’épreuve du conservatisme national » 

Résumé : Les révolutions conservatrices qui ont vu l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher et Ronald Reagan en 1979 et 1980 ont pu s’appuyer sur un réseau de think tanks qui ont contribué à donner une cohérence intellectuelle et à diffuser une forme particulière de conservatisme anglo-américain, reposant principalement sur une fusion entre libéralisme économique et conservatisme social. Ces organisations ont en outre développé des réseaux transnationaux favorisant la circulation des idées néolibérales au niveau transatlantique et mondial, s’affranchissant ainsi du cadre des frontières nationales dans leur croisade pour la promotion de l’économie de marché, du libre-échange et de la mondialisation. Cet écosystème est aujourd’hui confronté à l’émergence de nouvelles formes de conservatisme, notamment le conservatisme national, qui redonne à l’État-nation un rôle central dans la préservation d’un ordre économique et social. Cette communication se propose, à partir d’une réflexion sur le conservatisme en tant qu’idéologie, de montrer en quoi ces nouveaux discours conservateurs pourraient constituer un défi de taille pour les think tanks issus des révolutions conservatrices de la fin du XXe siècle. 

Evénement organisé par l’équipe Monde anglophone contemporain du Laboratoire Babel.

Conférence : « American Exceptionalism and the Isolationist Myth » 

MARDI 17 FEVRIER 2026 – 17h.

Bâtiment W1 • Salle W1.115 • Campus de LA GARDE


Coordinatrice

Youssef FERDJANI

Marie GAYTE-LEBRUN

marie.gayte-lebrun@univ-tln.fr

LP


Hilde Eliassen Restad, Maîtresse de conférences en Relations internationals à Oslo New University College (Norvège) « American Exceptionalism and the Isolationist Myth » 

Résumé : Hilde Eliassen Restad nous invite à réfléchir à l’omniprésence du mythe de l’isolationnisme en politique étrangère américaine, en étudiant ses racines dans le récit exceptionnaliste de la « Manifest Destiny » du 19e siècle.   

Evénement organisé par l’équipe Monde anglophone contemporain du Laboratoire Babel.

Conférence : « La démocratie à l’épreuve du populisme : les leçons du trumpisme »

MARDI 27 JANVIER 2026 – 17h.

Bâtiment W1 • Salle W1.115 • Campus de LA GARDE


Coordinatrice

Youssef FERDJANI

Marie GAYTE-LEBRUN

marie.gayte-lebrun@univ-tln.fr

LP


Elisa Chelle, Professeure de science politique à l’Université Paris Nanterre et membre de l’Institut universitaire de France, « La démocratie à l’épreuve du populisme : les leçons du trumpisme »

Présentation de l’ouvrage : La démocratie à l’épreuve du populisme : les leçons du trumpisme  (Odile Jacob, 2025) 

Résumé : Les États-Unis sont un laboratoire grandeur nature des mutations qui affectent nos démocraties. C’est pourquoi Élisa Chelle nous propose avec ce livre d’aller au-delà des effets d’annonce et de comprendre ce qui se joue avec le retour de Donald Trump au pouvoir. Pour « redonner une voix au peuple » et « rendre sa grandeur à l’Amérique », le président populiste se livre à une attaque en règle des institutions. La recette de son charisme : faire primer la volonté sur les institutions, la force sur le compromis, la politique sur le droit. Peut-on pour autant parler d’une fuite en avant autoritaire ? Qui menacerait la Constitution elle-même ? Examinant les différentes dimensions du trumpisme, Élisa Chelle en souligne les outrances et les risques, mais montre également comment les contre-pouvoirs résistent, malgré tout, aux assauts du milliardaire. Et s’interroge : combien de temps sa politique du « coup de menton » peut-elle rester crédible ? Et quel défi est lancé à l’Europe qui tergiverse sur les leçons à tirer de cette expérience ? 

Evénement organisé par l’équipe Monde anglophone contemporain du Laboratoire Babel.

Conférence : Subversive Education: Culture, Identity, and Narrative Subterfuge

Lundi 20 OCTOBRE 2025 – 17h.

Bâtiment Y • Amphi Y.002 • Campus de LA GARDE


Coordinatrice

Youssef FERDJANI

Marie GAYTE-LEBRUN

marie.gayte-lebrun@univ-tln.fr

LP


John Enrique Thompson, Professeur à l’Indiana University South Bend (Etats-Unis) : « Subversive Education: Culture, Identity, and Narrative Subterfuge ». 

Evénement organisé par l’équipe Monde anglophone contemporain du Laboratoire Babel.

Conférence : The radicalization of masculine identity formation and its impacts on contemporary US/Europe relations

Lundi 24 mars 2025 – 13h.

Bâtiment Y • Amphi Y.002 • Campus de LA GARDE


Coordinatrice

Youssef FERDJANI

Karine TOURNIER-SOL

karine.tournier-sol@univ-tln.fr

LP


Tal Peretz, Associate Professor, Auburn University (Etats-Unis) : « The radicalization of masculine identity formation and its impacts on contemporary US/Europe relations ».

Evénement organisé par l’équipe Monde anglophone contemporain du Laboratoire Babel.

Conférences sur l’Afrique du Sud

Lundi 10 mars 2025 – 14h

Bâtiment Y • Amphi Y.002 • Campus de LA GARDE


Coordinatrice

Youssef FERDJANI

Karine TOURNIER-SOL

karine.tournier-sol@univ-tln.fr

LP


Gilles Teulié, Professeur à Aix-Marseille Université : « State, Church & Afrikaner Nationalism: building a South African segregated nation ».

Julie Raviri, Doctorante à Aix-Marseille Université : « From District Six to Mitchells Plain: (re)imagining nationhood through the identity of Cape Town’s Coloured community. »

Evénement organisé par l’équipe Monde anglophone contemporain du Laboratoire Babel.

Séminaire 2024-2026 : « La Méditerranée : couleurs et émotions »

Coordination : Sandra Gorgievski, Youssef Ferdjani

La couleur est avant tout une «construction culturelle complexe» (Pastoureau, p. 7). En Méditerranée, la couleur manifeste ainsi les variations et les filtres liés à l’histoire du Mare nostrum, dans ses dimensions économiques, politiques, sociales et culturelles. Intimement associé aux émotions, le choix de la couleur révèle également la densité des affects que l’on projette sur la mer. Dans le cadre de ce séminaire diachronique, les intervenants proposeront des approches montrant l’évolution conjointe des couleurs et des émotions par des études théoriques ou des études de cas à travers le patrimoine architectural, littéraire et artistique des pays riverains du bassin méditerranéen, pour tracer les lignes de force d’un palette chromatique et émotionnelle en Méditerranée, de l’Antiquité à l’époque contemporaine.

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La Méditerranée est en effet loin de se réduire à la Grande Bleue des dépliants touristiques contemporains. La sémantique des couleurs permet de comprendre la complexité des points de vue, que l’on s’attache aux couleurs perceptibles à l’œil humain, aux conventions picturales utilisées pour représenter la mer sur les cartes, ou au sens symbolique des noms des mers. Pour Homère, le grand large n’est pas bleu, mais «semblable au vin» ou «à la violette», ses flots sont tour à tour «empourprés», «noirs ou sombres», les flots agités d’écume «blanchissent et deviennent gris» ; ce n’est qu’à la fin de l’époque archaïque que la Méditerranée sera qualifiée d’un «bleu sombre et profond» (Grand-Clément, p. 143-144). A l’époque médiévale, les géographies universelles et les cartes arabes avant le Xe siècle la peignent de pigment vert, puis bleu (lapis-lazuli) dans l’atlas d’Al-Idrisi produit en Sicile au XIIe siècle ; le bleu, couleur fortement valorisée en Occident, le vert ou l’écume blanche, colorent la mer Méditerranée dans les mappa mundi, atlas et portulans occidentaux (Vagnon). Pour les Ottomans, c’est une mer «blanche», dont le nom reprend la symbolique des points cardinaux (Calafat, p. 229). Une véritable «géographie de la couleur» (Lenclos) met en évidence les particularités chromatiques propres aux contextes géographiques, culturels et historiques dans l’habitat et dans ses représentations.

À l’époque moderne, la Méditerranée est célébrée par les écrivains du Grand Tour puis par l’émergence d’une société des loisirs dans la seconde moitié du XIXe siècle. La peinture symboliste substitue un paysage plus introspectif et propre à chaque artiste, dans une recherche de mythes ancestraux (Gaumont, L’atelier du midi, p. 134-139) et une poétique qui mêle éblouissement et émotions. Vincent Van Gogh y projette ses propres atermoiements : «La Méditerranée a une couleur comme les maquereaux, c’est-à-dire changeante. On ne sait pas toujours si c’est vert ou violet, on ne sait pas si c’est bleu, car la seconde après, le reflet changeant a pris une teinte de rose ou grise […] La mer est d’un outremer très profond» (Lettres à Théo, Saintes-Maries-de-la-Mer, Lettre du 4 juin 1888). Autour d’Henri Matisse, l’utopie sociale des peintres fait de la Méditerranée un motif de prédilection aux couleurs changeantes – mosaïques de points pour Matisse (Luxe, calme et volupté), pointillisme bleu et blanc pour Paul Signac (Au temps d’une harmonie), palette de bleus et verts pour Claude Monet (Antibes), dégradés de rose pour Théo Van Rysselberghe (Pin à la Fossette, La Porte Mansour à Meknès), blancheur immaculée pour Albert Marquet (La Place du gouvernement à Alger). Mais l’espace méditerranéen devient une mer «couleur de vin» évoquant la violence des combats sanguinaires de la deuxième guerre mondiale à Naples chez l’écrivain Curzio Malaparte (La Peau, p. 53). Son aspect irréel et intemporel, dû à sa lumière blanche extrême, est souligné dans les tirages en noir et blanc du photographe Bernard Plossu («L’Heure immobile. Métaphysique Méditerranéenne», Hôtel des Arts, Toulon, 20/05-18/06/2017).

Couleurs et émotions sont ainsi mises en valeur par les artistes occidentaux modernes :
«Lorsqu’on laisse les yeux courir sur une palette couverte de couleurs, un double effet se produit. 1. Il se fait un effet purement physique, c’est-à-dire l’œil lui-même est charmé par la beauté et par d’autres propriétés de la couleur. Le spectateur ressent une impression d’apaisement, de joie, comme un gastronome qui mange une friandise » (Vassili Kandinsky, p. 105). Tout est affaire personnelle, chaque couleur provoque une réaction différente. Suivant les prescriptions d’Eugène Delacroix : «Chacun sait que le jaune, l’orange et le rouge donnent et représentent des idées de joie, de richesse» (Paul Signac, p. 18). «Le bleu développe très profondément l’élément du calme. Glissant vers le noir, il prend la consonance d’une tristesse inhumaine» (Kandinsky, p. 150). La couleur provoquerait donc, en premier lieu, l’émotion : «Beaucoup plus que la forme – qui procède de l’idée, de la vision théorique –, la couleur est en relation avec les pulsions profondes, ingouvernables, liées à un narcissisme primaire, donc au principe de plaisir» (Carboni, p. 13). L’art de la couleur procède également de la musique et on peut mettre en liaison l’œil avec tous les sens, où chaque nuance a son équivalent musical : le bleu clair s’apparenterait à la flûte, et,au fur et à mesure que le bleu s’obscurcit, au violoncelle, à la contrebasse puis à l’orgue (Kandinsky, p. 150). La synesthésie est alors une forme sensible de la poétique de la couleur : «Les parfums, les couleurs et les sons se répondent» (Baudelaire, ‘Correspondances’) ; sur «l’immense clavier des correspondances», c’est encore Delacroix qui inspire le poète : «ces admirables accords de sa couleur font souvent rêver d’harmonie et de mélodie, et l’impression qu’on emporte est souvent quasi musicale» (Baudelaire, Curiosité esthétiques, p. 215 ; 241).

Bibliographie :

Ball, Philip, Bright Earth, Art and the Invention of Colour, London, Penguin, 2001, traduction française Histoire vivante des couleurs. 5000 ans de peinture racontée par les pigments. Paris, Hazan, 2005.

Calafat, Guillaume, «La Méditerranée des Ottomans : ‘mer Blanche’, titulature et province de la mer», dans Guillaume Calafat (ed), Une mer jalousée. Contribution à l’histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle), Paris, Seuil, «L’Univers historique», 2019, p. 229-266.

Baudelaire, Charles, Les Fleurs du mal, Paris, Gallimard, «La Pléiade», 2024.

Baudelaire, Charles, Curiosité esthétiques, L’Exposition universelle de 1855, Paris, Michel Lévy frères, 1868-1870.

Carboni, Massimo, «L’Art et la couleur», dans Ivan Bargna, Roberto Cassanelli, Giovanni Curatola [et al.], La Couleur dans l’art, Paris, Citadelles et Mazenod, 2006.

Grand-Clément, Adeline, «La mer pourpre : façons grecques de voir en couleurs. Représentations littéraires du chromatisme marin à l’époque archaïque», Regard et représentation dans l’Antiquité, Pallas n°92 (2013) 143-161.

Kandinsky, Vassili, Du Spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier, Paris, Denoël, 1989 [1911].

Lenclos, Jean-Philippe et Dominique Lenclos, Couleurs de la méditerranée, géographie de la couleur, Eyrolles, Editions du Moniteur, 2016.

Malaparte, Curzio, La pelle [1949], La peau, traduction française de René Novella, Paris, Folio, 2001.

Pastoureau, Michel, Bleu, histoire d’une couleur, Paris, Seuil, 2000.

Signac, Paul, D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme [1899], Paris, H. Floury, 1911.

Tamba, Irène, «La Méditerranée ou la mer Blanche : couleurs géographiques et noms de mer», ILCEA [En ligne], 37 | 2019 : http://journals.openedition.org/ilcea/8313

Vagnon, Emmanuelle, Cartographie et représentations de l’Orient méditerranéen en Occident (du milieu du XIIIe à la fin du XVe siècle), Turnhout, Brepols, 2013.

Le grand atelier du Midi. De Van Gogh à Bonnard – De Cézanne à Matisse, catalogue de l’exposition au Musée Granet, Aix en Provence, Musée des Beaux-arts, Palais Longchamps, Marseille, 11/06/2013-11/10/2013, Paris, Réunions des Musées nationaux, 2013

Programme :

2024-2025 :

2025-2026 :

  • 13/01/2026 Patrick Barres (Université de Toulouse Jean-Jaurès) : « Jean Vimenet à la villa Abd-el-Tif à Alger (1952-1954) » https://www.univ-tln.fr/Conference-Jean-Vimenet-les-annees-Abd-el-Tif-l-invention-de-la.html
  • 04/03/2026 : Pauline Muñoz (Université de Toulouse) : « Au-delà du bleu : le territoire méditerranéen comme collection de nuances » https://www.univ-tln.fr/Conference-Au-dela-du-bleu-le-territoire-mediterraneen-comme.html
  • 29/04/2026 à 17h : Emmanuel Mattiato (Université de Savoie-Mont Blanc) : « Curzio Malaparte, son emploi stylistique et sémantique des couleurs rapportées à la Méditerranée »
  • 05/2026 : Florence Boulch et Elodie Burle (Aix-Marseille Université) : « Pigments et manuscrits médiévaux »
  • 09/2026 : Jean-Marc Vallet (Centre Interdisciplinaire de Conservation et Restauration du Patrimoine, Marseille) : « La matérialité de la couleur : perception, interprétation et réalité »